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La châsse de Sainte Rolende : une étude d'Aimée Philippe-Mortier


Lire une châsse, c’est plus que lire une œuvre d’art


Capsa = petite boite, caisse - coffre en matière précieuse qui est destiné à  contenir le corps d’un saint ou une partie de ses reliques. C’est un coffret contenant… qui habituellement - à la différence des monstrances - ne laisse pas voir ce qu’il contient.   Il y a un côté secret,  ce qu’elle contient est suggéré par l’artiste.

Les châsses sont des reliquaires, des objets sacrés. ?

Pour l’homme du Moyen Age. c’est la présence tangible du saint. On touche le reliquaire pour mieux supplier et obtenir les grâces  demandées.
Pour une société qui ne connaît pas le visuel qui nous entoure, toucher est indispensable.
Aujourd’hui, on se déplace vers le Frère Mutien, Damien, Mère Térèsa, Padre Pio…      On va vers le saint. Tout se passe au tombeau ou à la T.V.
On retourne au tombeau comme au début à l’ère des premiers cultes des saints. Au Moyen Age, par le biais des reliques, il est proche de la communauté.


La châsse romane -8 mai 1103

Les châsses romanes sont longues (entre 120 à 200 cm), sobres, parfois austères, panneaux en argent très fin renforcé par de la terre cuite. Toiture en bâtière ?
C’est le tombeau du saint qui se déplace et qui vient dans la communauté : dès le départ on insiste sur la mobilité de la châsse par rapport au point de départ .

Souvent appelée fierte= feretrum- cercueil ferrer porter –tombeau.
La première châsse de Ste Rolende date de son élévation en le 8 mai 1103. Ses reliques furent exhumées en 1097 et élevée sur les autels le 8 mai 1103, par le Prince évêque Otbert.

La date de l’élévation de Rolende : le 8 mai 1103, est retrouvée au XVIIe s. par Barthélemy Fisen, un curé de Gerpinnes, en consultant un ancien bréviaire, il retrouve une trace…  Avant lui, un autre curé de Gerpinnes A. Miraeus, l’avait situé vers 1100. La date de l’élévation de Rolende, c’est aussi la date de notre première châsse.           
Pour imaginer notre première châsse, il faut regarder la Châsse de saint Hadelin de Celles de – vers 1046 et conservée en la collégiale Saint-Martin à Visé. (H. 33,5 – L. 150,5)

Pourquoi une deuxième châsse ?

Les plaques d’argent ont été récupérées et refondues afin de façonner celle de la châsse actuelle. La fierte a été détruite et les reliques ont été transférées dans leur coffret actuel

La châsse renaissance  1599  

                                                                       
Pour nous, la Châsse d’Henry Libert, de 1599, orfèvre namurois, baptisé en l’église  St-Michel de Namur le 23  août 1574. Il faisait partie de la corporation des orfèvres de Namur groupés comme tels depuis le XIIe s. Mais au sein de cette corporation, il est passé maître, puisqu’il possède son propre poinçon : H.L. et l’écu de Namur surmonté du   briquet de  Bourgogne.                                                                                                                                            
Le poinçon en orfèvrerie remplit le rôle du sceau dans les documents diplomatiques. Il confère authenticité et crédibilité aux pièces d’orfèvrerie.  Depuis le 8 octobre 1440, la marque du lion est rendue obligatoire par le duc de Bourgogne. Dans cette charte, Philippe le Bon -  1396-1467 -  que par faute de contrôle et d’insigne authentique, les orfèvres ne peuvent désormais ignorer :

Que tous les ouvrages d’orfèvrerie devront user d’un signe unique : un lyon ayant un fusil – un briquetsur la teste.

Cette marque doit être confiée, mise entre les mains de deux gardes, dont l’un est bourgeois et l’autre orfèvre.  

Libert avait 25 ans quand il a réalisé notre châsse et son travail a  duré 1 an   C’est sa 1ère châsse

En 1103, notre paroisse faisait partie du diocèse de Liège qui était très étendu.      
Dès le début du Xè siècle, il fut divisé  en 8 archidiaconés eux-mêmes divisés en doyennés ou conciles .? Le Concile de Florennes  appartenant à l’Archidiaconé de Hainaut, comprenait 55 paroisses. Cette organisation perdurera jusqu’au milieu du XVIe siècle.     

En 1599, notre paroisse faisait partie du diocèse de Namur depuis 1561 et du doyenné ou concile de Florennes.
En 1700 nous faisions partie du concile de Walcourt. Ensuite nous passerons au concile de Biesme.
Le premier doyen du Concile de Biesme fut Jean de Bruges, curé de Gerpinnes…. Jean de Bruges fut ensuite curé de saint Jean-Baptiste à Namur, chanoine de Saint-Aubin, archidiacre de Namur, doyen du chapitre de la cathédrale et décéda le 24 octobre 1578. ?

Les autres châsses de Libert :
  • St Berthuin de Malonne en 1601 – 1m2
  • Ste Marie d’Oignies, conservée à Nivelles – 1608
  • St Victor à Fleurus en 1612 – coffret 55 cm
  • St Pierre et Paul, conservée à Thy le Château en 1617 – coffret 55cm

LE sens de notre châsse